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ould selman
26-05-2006, 05:42 PM

(Victor Hugo)
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abdallahi_e
26-05-2006, 09:21 PM
Muhammad(psl) par Victor HUGO(1858)
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Comme s'il pressentait que son heure tait proche,
Grave, il ne faisait plus personne une reproche;
Il marchait en rendant aux passants, leur salut;
On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu'il eut
A peine vingt poils blancs sa barbe encore noire,
Il s'arretait parfois pour voir les chameaux boire,
se souvenant du temps qu'il tait chamelier.
Il semblait avoir vu, l'Eden, l'ge d'amour,
Les temps antrieurs, l'ere immmorable,
Il avait le front haut, la joue impriale,
Le sourcil chauve, l'oeil profond et diligeant,
Le cou pareil au col d'une amphore d'argent,
L'air d'un No qui sait le secret d'un dluge.
Si des hommes venaient le consulter,ce juge
Laissait l'un affirmer, l'autre rire et nier,
Ecoutait en silence et parlait le dernier,
Sa bouche tait toujours en train d'une prire,
Il mangeait peu serrant sur son ventre une pierre
Il s'occupait lui mme traire ses brebis,
Il s'asseyait terre et cousait ses habits.
Il jeunait plus longtemps qu'autrui les jours du jeune,
Quoi qu'il perdit sa force et qu'il ne fut plus jeune.
A soixante trois ans une fivre le prit,
Il relut le Coran de sa main mme crit,
Puis il remit au fils de Sid la bannire,
En lui disant"Je touche mon aube dernire.
Il n'est d'autre Dieu que Dieu.Combats pour lui
Et son oeil voil d'ombre avait ce morne ennui
D'un vieux aigle forc d'abandonner son aire.
Il vint la mosque son heure ordinaire,
Appuy sur Ali , le peuple le suivant;
Et l'entendant sacr se dployait au vent.
Lui ple, il s'ecrie , se tournant vers la foule;
"Peuple, le jour s'teint, l'homme passe et s'croule;
La poussire et la nuit,c'est nous.Dieu seul est grand.
Peuple je suis l'aveugle et suis l'ignorant.
Peuple je serais vil plus que la bte immonde."
Un cheikh lui dit:"O chef des vrais croyants,
Le monde sitt qu'il t'entendait, en ta parole crut;
Le jour ou tu naquit une toile apparut,
Et trois tours du palais de Chosros tombrent."
Lui reprit; "Sur ma mort les Anges dlibrent;
L'heure arrive.Ecoutez.Si j'ai de l'un de vous mal parl,
Qu'il se lve, O peuple et devant tous
Qu'il m'insulte et m'outrage avant que je m'chappe;
Si j'ai frapp quelqu'un , que celui-l me frappe."
Et tranquille,il tendit au passants son bton.
Une vieille, tondant la laine d'un mouton,
Assise sur un seuil lui crie:"Dieu t'assiste!"
Il semblait regarder quelque vision triste;
Il songeait tout coup, pensif, il dit:"voila,
Vous tous, je suis un mot dans la bouche d'Allah;
Je suis cendre comme homme et feu comme prophte,
J'ai complt d'Issa la lumire imparfaite
Je suis la force, enfants; Jsus fut la douceur.
Le soleil a toujours l'aube pour prcurseur.
Jsus m'a prcd, mais il n'est pas la Cause.
Il est n d'une vierge aspirant une rose.
Moi, comme tre vivant, retenez bien ceci;
Je ne suis qu'un limon par les vices noirci,
J'ai de tous les pchers subi l'approche trange,
Ma chair a plus d'affronts qu'un chemin n'a de fange.
Et mon coprs par le mal est tout dshonor;
O vous tous, je serai bien vite dvor
Si dans l'obscurit du cercueil solitaire,
Chaque faute engendre un ver de terre.
Fils, le damn renait au fond du froid caveau
Pour etre par les vers, dvor de nouveau
Toujours sa chair revit jusqu'a ce que la peine,
Finie ouvre son vol l'immensit seraine.
Fils , je suis le champ vil des sublimes combats,
Tantot l'homme d'en-haut, tantot l'homme d'en-bas.
Et le mal dans ma bouche, avec le bien alterne
Comme dans le desert le sable et la citerne;
Celui qui n'empeche pas que je n'aie ; o croyants!
Tenu tte dans l'ombre aux Anges effrayants
Qui voudraient replonger l'homme dans les Tnebres
J'ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funbres.
Souvent comme Jacob, j'ai la nuit pas a pas,
Lutt contre quelqu'un que je ne voyais pas;
Mais les hommes surtout ont fait saigner ma vie;
Ils ont jet sur moi leur haine et leur envie;
Et comme je sentais en moi la Vrit,
Je les ai combattus, mais sans etre irrit,
Et pendant le combat, je criais "laissez faire!"
Je suis le seul, nu , sanglant, bless, je le prfre
Qu'ils frappent sur moi tous, que tout leur soit permis!
Quand mme se ruant sur moi mes ennemis,
Auraient pour m'attaquer dans cette voie troite,
Le soleil leur gauche, et la lune leur droite.
Ils ne me feraient point reculer.
C'est ainsi qu'apres avoir lutt quarante ans,
Me voici arriver sur le bord de la tombe profonde,
Et j'ai devant moi Allah, derrire moi le monde.
Quant vous qui m'avez dans l'preuve suivi,
Comme les grecs Herms et les hebreux Levi;
Vous avez bien souffert mais vous verrez l'aurore.
Aprs la froide nuit, vous verrez l'aube clore;
Peuple n'en doutez pas, celui qui prodigua
Les lions aux ravins du Jebbel-Kroniga,
Les perles la mer et les astres l'ombre,
Peut bien donner un peu de joie a l'homme sombre,
Il ajouta; "croyez , veiller, courbez le front,
Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront
Sur le mur qui spare Eden avec l' abme
tant trop noirs pour Dieu mais trop blancs pour le crime;
Presque personne n'est asez pur de pchrs pour ne pas mriter un
chatiment; Tachez en priant, que vos corps touchent partout la terre;
L'enfer ne brulera dans son fatal mystre
Que ce qui n'aura point touch la cendre, et Dieu
A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu,
Soyez hospitaliers, soyez Saints, soyez justes;
La Haut sont les fruits purs dans les arbres augustes
Les chevaux sells d'or, et , pour fuir au sept Cieux,
Les chars vivants ayant des foudres pour essieux;
Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,
Habite un pavillon faite d'une perle creuse;
Le Gehenam attend les reprouvs; malheur!
Ils auront des souliers de feu dont la chaleur,
Fera bouillir leur tte ainsi qu'une chaudire
La face des lus sera charmante et fire."
Il s'arreta donnant audiance l'espoir.
Puis poursuivant sa marche pas lents , il reprit;
"O vivants! Je rpete a tous que voici l'heure ou je vais me cacher
Dans une autre demeure, Donc hatez vous.
Il faut , le moment est venu; que je sois dnonc par ceux qui m ont connu.
Et que si j'ai des torts, on me crache au visage!"
La foule s ecartait, muette son passage.
Il se lava la barbe au puits d'Abouflia,
Un homme reclama trois drachmes,qu'il paya;
Disant;"mieux vaut payer ici que dans la tombe"
L'oeil du peuple tait doux comme un oeil de colombe.
En le regardant , cet homme auguste, son appui;
Tous pleuraient; quand plus tard, il fut rentr chez lui.
Beaucoup restrent l sans fermer la paupire.
Et passrent la nuit couchs sur une pierre.
Le lendemain matin, voyant l'aube arriver;
Aboubkre, dit-il, je ne puis me lever;
Tu vas prendre le Livre et faire la prire"
Et sa femme Aischa,se tenait en-arrire;
Il coutait pendant qu'Aboubkre lisait;
Et souvent a voix basse, achevait le verset;
Et l'on pleurait pendant qu'il priait de la sorte.
Et l'ange de la mort ,vers le soir la porte;
Apparut demandant qu'on lui permt d'entrer.
"Qu'il entre", on vit alors son regard s'clairer,
De la meme clart qu'au jour de sa naissance;
Et l'ange lui dit;"Dieu dsire ta prsence"
"Bien"dit-il, un frisson sur les tempes courut,
Un souffle ouvrit sa lvre, et Muhammad mourut.

Victor Hugo, le 15 janvier 1858

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ould selman
27-05-2006, 01:30 PM
merci cher abdellahi_e ,desol mnt je suis assez occup mais inchallah le plus vite possible je vais faire le maximum pour le traduir et merci encor